Adrián Villar Rojas

Titre

From the series Brick Farm

Année

2012 - maintenant

Emplacement

À différents endroits à Zeebrugge et Brugge

Quand l'équipe de l'artiste Adrián Villar Rojas s'est installée dans un studio situé dans une ancienne briqueterie près de la ville argentine de Rosario, elle a découvert de très nombreux nids d'hornero. Ce sont justement ces nids qui confèrent à ce petit oiseau sud-américain son illustre statut. Ses constructions à base de boue reproduisent parfaitement les très anciens fours à boue qui étaient essentiels pour les premières populations agricoles en Argentine, dans la région Sud du Brésil et en Uruguay. Chaque nid est une véritable prouesse, avec des murs épais et solides posés sur une base de branches. L'hornero recherche toujours comme point de chute une structure créée par l'homme et occupe donc les réverbères, les poteaux électriques ou téléphoniques, mais aussi les façades des maisons, des églises ou des immeubles de bureaux. Ces oiseaux sont ainsi considérés comme des 'synanthropes', à savoir des animaux qui profitent de l'habitat humain pour assurer leur propre survie.

Dans l'hornero, Adrián Villar Rojas voit se cristalliser sa propre pratique artistique. Son œuvre explore en effet la notion de l'Anthropocène, ou l'époque dans laquelle l'influence de l'homme sur la nature est déterminante. Après avoir découvert les nids, l'équipe de l'artiste les a intégrés dans ses recherches. Ils ont réparé et restauré les nids abandonnés en imitant la technique de construction de l'hornero avec de la boue, des brindilles, de l'argile, de la salive et d'autres matériaux. L'installation des nids réassemblés en dehors de leur territoire crée une coexistence entre cette espèce ornithologique argentine et la flore, la faune et l'architecture d'autres environnements. Pour Beaufort et la Triennale de Bruges, l'équipe de l'artiste a réparti quelque quatre-vingts nids à Zeebruges ainsi que dans la ville de Bruges.

"Je ne peux pas décrire mon travail artistique comme étant une 'réalisation d'œuvres d'art' ", déclare Adrián Villar Rojas. "Je pense qu'il n'y a qu'un seul projet global, qui durera toute ma vie. Ce projet part des questions : Qu'est-ce qui peut survivre? Qu'est-ce qui ne laisse aucune trace? C'est assez paradoxal, mais pour réaliser mon travail, je disperse de la matière dans le monde entier." Quant à ces nids, la nature décidera s'ils resteront encore là après l'exposition.

En collaboration avec la Triennale de Bruges.

Emplacement

À différents endroits à Zeebrugge et Brugge
Zeebrugge

ARG, ° 1980

Des thèmes tels que l'impermanence et la fin du monde, Adrián Villar Rojas les renforce en détruisant ses œuvres à la fin de chaque exposition et en les ramenant à la vie au chapitre suivant. Expositions (sélection) : 2019 Tank Shanghai (solo) ; 2018 Biennale de Gwangju, Corée du Sud ; 2017 The Metropolitan Museum of Art, New York (solo) ; 2015 Biennale d'Istanbul ; 2012 dOCUMENTA ; 2011 Biennale de Venise ; 2011 Musée du Louvre, Paris (solo).